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Définition
L’état locatif est un tableau présentant, à une date donnée, la situation des surfaces louées, occupées ou vacantes d’un actif ou d’un portefeuille immobilier.
Il rassemble les principales informations économiques et contractuelles relatives aux locataires et à leurs baux.
L’état locatif est parfois désigné par le terme anglais « rent roll ».
Il constitue un document essentiel pour l’asset management, le property management, l’évaluation immobilière, le financement et la due diligence immobilière.
Il ne doit pas être confondu avec l’état des lieux, qui décrit l’état physique des locaux lors de leur remise ou de leur restitution.
— À quoi ça sert ?
Il permet notamment de :
connaître les revenus contractuels
calculer le taux d’occupation
suivre la vacance locative
identifier les principales échéances
mesurer la concentration du risque locatif
calculer la WALT
comparer les loyers contractuels au loyer de marché
préparer une stratégie de renouvellement
construire un business plan immobilier
réaliser une évaluation
préparer une cession
analyser la capacité de remboursement d’une dette
L’état locatif est souvent l’un des principaux points de départ de l’analyse financière d’un actif de rendement.
— Comment ça fonctionne ou se calcule ?
Que contient un état locatif ?
Le contenu varie selon les actifs et les organisations, mais il comprend généralement :
Les informations sur les locaux
immeuble
bâtiment
étage
lot
surface
usage
état d’occupation
stationnements ou annexes
date de disponibilité éventuelle
Les informations sur le locataire
identité
raison sociale
groupe d’appartenance
activité
qualité de crédit
garanties
dépôt de garantie
éventuels impayés
Les informations sur le bail
date de prise d’effet
durée
date d’échéance
prochaine faculté de résiliation
durée ferme restante
destination
indexation
indice
conditions de renouvellement
éventuels droits particuliers
Les informations financières
loyer facial
loyer économique
franchises
paliers
mesures d’accompagnement
charges
taxes
dépôt
impayés
chiffre d’affaires, lorsque le loyer comporte une part variable
Le gestionnaire immobilier doit conserver des informations locatives complètes et disposer des baux ainsi que des documents relatifs à chaque occupant.
Pourquoi faut-il préciser la date de l’état locatif ?
L’état locatif constitue une photographie de la situation à une date déterminée.
Il peut évoluer rapidement en raison :
d’une entrée ou d’un départ
d’un renouvellement
d’un avenant
d’une indexation
d’une franchise
d’un impayé
d’une résiliation
d’une relocation
d’un changement de surface
Un état locatif doit donc toujours préciser :
sa date d’arrêté
la date de mise à jour des loyers
les événements postérieurs déjà connus
les hypothèses éventuellement intégrées
Un document non daté peut conduire à utiliser des informations devenues obsolètes dans le business plan ou l’évaluation.
État locatif et WALT
La WALT est calculée à partir des informations contenues dans l’état locatif :
loyer de chaque bail
date de prochaine sortie
date d’échéance
pondération retenue
L’INREV définit la durée moyenne pondérée des baux comme la durée moyenne des contrats, pondérée par les loyers et mesurée jusqu’à la première faculté de sortie du locataire ou jusqu’à l’échéance.
Une erreur dans les dates ou les loyers de l’état locatif fausse donc directement le calcul de la WALT.
État locatif et vacance
L’état locatif doit faire apparaître clairement les surfaces :
louées et occupées
louées mais non encore occupées
occupées sous franchise
vacantes
en travaux
sous promesse de location
indisponibles pour commercialisation
Cette distinction permet de ne pas confondre :
taux d’occupation physique
taux d’occupation financier
vacance immédiate
vacance future
surfaces temporairement indisponibles
Comment vérifier un état locatif ?
Dans une due diligence, il convient notamment de rapprocher l’état locatif avec :
les baux
les avenants
les actes de renouvellement
les courriers de congé
les factures
les encaissements
les dépôts de garantie
les garanties bancaires
les plans
les surfaces
les contentieux
les échanges commerciaux en cours
Il faut également identifier les événements déjà décidés mais pas encore effectifs, comme un départ futur ou une nouvelle prise à bail.
— Exemple immobilier concret
Un immeuble comprend quatre lots :
Locataire | Surface | Loyer annuel | Prochaine sortie possible |
|---|---|---|---|
Société A | 4 000 m² | 2 000 000 € | 2028 |
Société B | 2 000 m² | 800 000 € | 2027 |
Société C | 1 000 m² | 350 000 € | 2031 |
Vacant | 1 000 m² | 0 € | Immédiate |
L’état locatif fait apparaître :
un taux de vacance physique de 12,5 %
une forte concentration sur la société A
une échéance significative en 2028
des loyers différents selon les surfaces
Ces informations influencent directement :
le cash-flow
la WALT
le risque locatif
la valeur
la stratégie de commercialisation
— Différences avec les notions proches
État locatif et baux : quelle différence ?
L’état locatif synthétise les principales informations contenues dans les baux commerciaux et leurs avenants.
Il ne remplace pas les documents contractuels.
En cas de contradiction :
le bail signé
ses avenants
les actes de renouvellement
les courriers de résiliation
les accords particuliers
constituent les documents à examiner pour vérifier les droits et obligations des parties.
L’état locatif est un outil de synthèse. Sa fiabilité dépend de la qualité de sa mise à jour et de son rapprochement avec les contrats.
État locatif et situation comptable : quelle différence ?
L’état locatif présente les conditions contractuelles et la situation d’occupation.
La comptabilité indique notamment :
les loyers facturés
les sommes encaissées
les impayés
les provisions
les régularisations
les créances
Un loyer peut figurer dans l’état locatif sans avoir été encaissé. Inversement, une écriture comptable peut correspondre à une régularisation ancienne ou à une indemnité qui n’est pas un loyer courant.
Il est donc nécessaire de rapprocher les données locatives et comptables.
— Points de vigilance
Les principales erreurs concernent :
un état locatif non daté
des informations non rapprochées des baux
des surfaces incohérentes
la confusion entre loyer facial et loyer économique
l’oubli des franchises
l’absence de date de prochaine sortie
les indexations non mises à jour
les locataires en impayé présentés comme sécurisés
les garanties expirées
les avenants non intégrés
les départs futurs non signalés
la confusion entre surfaces vacantes et surfaces en travaux
La qualité de l’analyse immobilière dépend directement de la fiabilité de l’état locatif. Un tableau apparemment précis peut produire des conclusions erronées si ses données ne sont pas vérifiées.
— Notions associées
Asset management
Bail commercial
Business plan immobilier
Cash-flow immobilier
DSCR
Due diligence immobilière
Évaluation immobilière
Loyer de marché
Loyer économique
Loyer facial
Property management
Vacance locative
Valeur de sortie
WALT
— Auteur
Julien Roué
— Sources
INREV
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